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Le féminisme sauve

Par Hugues

Perdu dans mes pensées quotidiennes, je me suis posé la question suivante : comment pouvons-nous construire une société plus égalitaire, une société qui respecte les différences, bref, une société non discriminatoire. Diverses solutions s'offrent à nous.

La première pourrait consister à promulguer des lois, afin de bâtir un socle propice à l'équité. C'est un début, mais ça ne suffit pas. Tout ne peut pas se régler dans le cadre légal.

La seconde passerait également par l'éducation : expliquer aux jeunes enfants qu'il est essentiel de respecter les personnes qui nous entourent, leur dire que la violence et la domination (non-consentie) entraînent des injustices ou de la frustration et par conséquent, encore plus de violence. Ce serait un bon moyen pour avoir des bases saines.

Et pour finir, le plus gros chantier à mon avis, sensibiliser encore et toujours. Par chance, superféminisme est là pour nous aider.

Vaste programme, on commence quand ?

Tu as raison, Jamy. La tâche étant d'autant plus difficile, car nous sommes dans une société partriarcale. Ses maux sont pluriels, divers et surtout éparpillés. Cependant, tout cela est possible, j'en suis l'exemple vivant. Au fil des années et grâce en partie à l'éducation que j'ai reçue (j'en profite pour faire une dédicace à mon professeur de SES de 2nde), j'ai décidé de déconstruire à mon niveau ce qu'on m’avait inculqué, de façon sournoise.

Ainsi, j'ai pu étudier un minuscule spectre des inégalités salariales, entre les femmes et les hommes. La machine était enfin lancée ! Depuis ce lointain moment, j'ai essayé de devenir une personne active pour essayer, à mon niveau, de faire changer les choses. Avec l'aide d'icônes féministes telles que Gisèle Halimi (je recommande son livre "La Cause des Femmes") ou Virginie Despentes (je recommande aussi "King Kong Théorie"), j'ai appris énormément. Elles nous tracent une sorte de chemin, qu'il est nécessaire d'emprunter.

Cependant, être une personne engagée suffit-il à me qualifier de féministe ? À vrai dire, je n'ai pas la réponse à cette question. C'est un mot que je ne parviens toujours pas à apprivoiser. Définir quel est ce mot est je pense compliqué, tant l'opinion est universelle chez les un·es et les autres. De plus, je suis un mâle blanc bénéficiant directement de ce sexisme omniprésent, même si je ne l'ai pas choisi.

Ainsi, pour certain·es, ce mot m'est donc interdit. Pourtant, il est plus que nécessaire d'inclure toutes les bonnes volontés dans le changement qui s'opère.

Tu es bien gentil, mais que fait-on maintenant ?

On vise l'impossible. Au-delà des mots et des termes qui sont employés, il faut essayer au quotidien, de devenir une personne meilleure.

Lors d'une terrasse pastis-cocktails, une amie me disait la phrase suivante : "peu importe les paroles, seuls les actes comptent". J'étais (heureusement) d'accord.

Finalement, si je devais illustrer le mot féminisme, ça serait une philosophie, une autre façon de se comporter, de voir le monde sous un angle totalement différent où toutes les personnes sont égales, sans distinctions. Et sacrebleu, ça fait un bien fou !

Franchement, j'en viens même à me demander comment je ne m'y suis pas intéressé avant.

Shame on me ! Tout passe par une mécanique simple : se mettre à la place des personnes qui subissent le sexisme, le racisme, les discriminations, le harcèlement et les aggressions. Cette triste liste est non exhaustive. Pour dire les choses simplement, développer son empathie.

Lors de mes rencards Tinder, j'abordais souvent les problématiques précédemment citées et de façon unanime, ces personnes avaient subi des expériences traumatisantes lors de situations diverses.

Le principal point souligné était l'impunité. Se dire qu'il n'y aurait pas de poursuites, justement parce que la société complice légitime ces actes. L'exemple criant est la culture du viol. Ce n'était malheureusement pas des témoignages isolés. Lorsque l'on n'est pas directement victime comme moi, ces histoires sont la représentation physique des injustices quotidiennes. Des claques ont comme résonné en moi. Toute personne correctement éduquée doit se dire que quelque chose cloche. Et oui, c'est le cas.

Grâce aux rencontres fortuites ou à mes amies féministes ou non, j'ai radicalement changé. Lors
d'une discussion, des femmes m'expliquaient que le pire ne sont pas les remarques sexistes ou
injures, mais plutôt les regards. Les regards pervers ou graveuleux, qui considèrent leurs corps
comme de la chair fraiche, qui les catégorisent comme des objets sexuels. Les détracteurs
pourront dire qu'un regard est anodin, mais ce n'est pas vrai. On peut confier beaucoup de choses
avec un regard... De mon côté, je ne peux donc plus ignorer le problème ou jouer le rôle du
Candide ignorant, ce serait trop facile. Il faut briser la dynamique.

 Cela se concrétise en actions simples : demander et respecter le consentement de ses partenaires sexuel·les, croire et écouter les victimes d'aggressions et de viols, ne pas couper la parole, changer de trottoir quand on croise une femme pendant la nuit, ne pas faire preuve de violence, ne pas faire de slutshaming, etc. Le bon sens voudrait nous faire penser que ces comportements sont assimilés et appliqués. Non.

Quand je fais le bilan après ces années de déconstruction, d'introspection et d'écoute, je peux
indéniablement affirmer que je suis devenu une personne meilleure. Évidemment, ce jugement est
subjectif, mais il illustre néanmoins mon ressenti. Je n'y serais sûrement pas arrivé sans avoir
décortiqué les articles, livres ou sans avoir écouté mes amies. Je pense que cette avancée est à la
portée de toutes et tous.

Ce travail fastidieux d'éducation et de sensibilisation est la pierre angulaire de ce changement, le
féminisme étant notre carburant. Aujourd'hui, même s'il est ardu de quantifier les bienfaits de
cette métamorphose, je suis sûr que ça n'était pas mieux, il y a 40 ans. On arrive ainsi à contredire
l'expression du "c'était mieux avant" ! Toutefois, notre optimisme ne doit pas nous faire oublier
que ça n'est pas terminé. Ce n'est que le début du changement.

Pour prolonger ce questionnement sur la réalité d’un engagement d’homme au sein de la cause féministe, une table ronde est organisée par Feminist Of Paris le 26 Septembre à Paris, nous serons ravis de vous y retrouver. Inscrivez vous ci-dessous!

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